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Oui bon alors je sais ce que tu vas dire… Et d’une, la parisienne déborded a dépassé la DLUO instaurée pour publier ce post (ooops) Et de deux, une tarte aux oignons à l’heure où le barbeuk et le pastaga ont rejoint leur ami möllky dans la cagette «lointains souvenirs, hibernation douze mois» et que les étals se couvrent de cucurbitacés et autres choux pommelés, elle abuse. Oui, mais non! Parce qu’avec cette recette, Et toi, tu manges quoi? fait revenir un peu d’été sur les tables avec des ingrédients… qu’on trouve toute l’année… Elle est pas belle la vie?

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Enfin ça c’est un slogan marseillais alors que notre pissaladière - son vrai petit nom - vient de Nice, la grande voisine et surtout grande rivale. Au départ, notre copine qui fait partie de mes plats préférés (avec les rouleaux de printemps, le sandwich Reuben, le poulpe grillé et le couscous: des papilles sur chaque continent et les poignées d’amour seront bien gardées!) tire son nom d’une pâte d’anchois dont elle devrait normalement être toujours recouverte (le pissalat, donc). Aujourd’hui, on met plutôt des filets d’anchois (dessalés ou à l’huile) sur le dessus des oignons et le tour est joué. Côté olives, il y a débat: des bonnes vieilles noires toutes fripées ou des petites charnues, type Nyons. J’aime les deux (j’aime tout dans les olives de toutes façons, j’ai dû être grecque dans une vie précédente en fait. Genre Athéna quoi, tu vois) et te laisse le choix des armes. En plus de celui des larmes puisqu’il va falloir que tu te coltines l’épluchage de trois livres d’oignons… pour une seule tarte!

Et le Banon, kézako le Banon, tu demandes? Juste une merveille de fromage de chèvre dormant dans des feuilles de châtaigner, la plus petite AOC de France. Il pousse dans le pays de Giono, cet arrière-pays provençal à cheval entre Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence.

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Banon est un village fantastique, comme Viens ou Oppedette: un petit morceau du haut Luberon (non ya pas de é à Luberon ;) tellement beau et tellement loin de la gauche caviar et de ses faux intellos (on reconnaît les deux à leur pull rose noué sur les épaules #astuce) qu’on vous y emménera dès que les lavandes seront à nouveau hautes…

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Grâce à Linda, une New-Yorkaise devenue plus Française que toi et moi, qui gère un gîte fantastique entre oliviers, pins et troupeaux de chèvres, nous avons trouvé le paradis. On y vit de pissaladière, de grands saladiers de figues et de mûres, de Banon et de Rosé… du Luberon!

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LA RECETTE
Pour six personnes (douze yeux pleurant si tu t’y prends au dernier moment). Préparation: une heure, Cuisson: 45 mn + 25 mn.

INGREDIENTS
1,5 kilo d’oignons, 2 ou 3 gousses d’ail, deux petites branches de thym séché (ou deux pincées), 20 olives noires, 20 filets d’anchois, 600 gr de pâte à pain (que tu fais toi même ou, easy cheezy, tu commandes à ton boulanger chéri), huile d’olive, sel et poivre

Occupe toi de la pâte en premier. Si tu dois la faire mais même si tu utilises de la toute prête: écrase la sur le plan de travail et incorpore lui deux cuillères à soupe d’huile d’O. Laisse reposer une heure. Fais chauffer ton four à 230°c (th 7-8)


Pendant ce temps, épluche et émince les oignons très fin et fais les cuire tout tout doux avec l’ail, le thym, le sel (pas trop: les olives vont en apporter beaucoup) L’idéal c’est une poële en fonte: large et épaisse. Il faut qu’ils deviennent transparents et « compote au peu »Vue la dose, ça peut prendre entre 30, 45 mn voire une heure


Etale la pâte à pain sur une tôle ou la plaque du four. Etale les oignons en couche bien épaisse et pose les anchois dessus, en formant des croisillons et enfourne le tout pour une trentaine de minutes.

Quand tu sors ta pissaladière, tu débouches un côte du Luberon et tu disposes des olives entre les croisillons. Une salade verte, des herbes fraîches, c’est beau et c’est bon. 

 

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