Macaroni & Cheese : Welcome to America !
Attention/beware, accroche de type Joël Collado limite déprimante : l’été indien ne durera pas toute la vie (traduction simultanée pour nos lecteurs de la côte Est « warning : indian summer will eventually die. No kidding folks ! »). Alors, quand tu te chercheras de nouveau ta pelle pour te battre contre les mètres cubes de neige made in New York et que je pesterai sur l’humide et le gris des hivers parisiens, on sera bien contentes de retomber sur cette petite merveille tellement calorique à tomber par terre (suite des sous-titres : « so fat, so good »).
Je n’apprends rien à la néo-Américaine que tu es mais pour les autres, les macaronis & cheese (« Mac & cheese » pour les intimes), ce sont les deux meilleurs potes de la cuisine US, le truc que tous les citizens kids engloutissent par paquets de douze, la quintessence de la comfort food américaine : des nouilles, de la béchamel au cheddar (une variante anglo-saxonne et populo de notre distinguée sauce Mornay…), du gratiné… Le plat familial par excellence, celui dont chaque cuisinière a une recette, que tout le monde adore bidouiller/fignoler avant de crier « tadaaaa » en posant le plat dégoulinant (qui fait presque « krisp, pop, blob » quand tu le sors fumant du four) sur la table. A deux ou douze (dans la version de Martha S.) ça le fait. Grave...
Pour l’origine de la recette, c’est un peu une allégorie du melting-pot américain : des pâtes italiennes et (des kilos de) fromage british remixés sur le sol US (plus d’infos ici). Dans les années 20, le géant de l’agro-alimentaire Kraft Foods a inventé la version en boîte (les « Kraft dinners » se vendraient à un million d’exemplaire par jour actuellement ! Même si ça m’a toujours fait rire de voir les Américains acheter des spaghettis à la sauce tomate ou des coquillettes déjà cuites en boîte… En France, à part pour tes raviolis Buitoni chéris, ça marche pas des masses…) Bref, il paraît même que Thomas Jefferson, président de son état, fit servir des Mac & Cheese à la Maison blanche au XIXe (c'est dit là). Si ça, ça vaut pas blanc-seing culinaire ! Alors évidemment, après notre semaine « fine friends/fine food » chez vous, la nostalgie s’apprêtait à s’installer (dans ma tête et mon estomac). Voilà de quoi la combattre !
PS avant de passer en cuisine : Ils disent « macaroni » mais toutes les sortes de pâtes feront le job sauf que si elles sont trouées, elles pourront se gorger de sauce, CQFD. Le secret, c’est de les cuire super al dente (puisqu’elles vont mariner trente minutes au four dans la sauce et donc re-gonfler)
La recette – Pour six personnes – Easy cheesy (quel à propos…) Préparation : 25 minutes. Cuisson : 30 minutes. (Ne prévois rien d’autre que des fruits en dessert…)
250 grammes de macaroni
30 grammes de beurre/30 grammes de farine
40 centilitres de lait/15 centilitres de crème liquide (ou de sour cream)
250 grammes de cheddar (sharp si tu trouves, la mimolette de Franprice peut faire l’affaire mais ce sera plus doux que nécessaire)
100 grammes de gruyère (ou un mélange gruyère/pecorino/parmesan : bref, des fromages un peu relevés)
Du sel, du poivre (et de la muscade si tu en mets d’ordinaire dans la béchamel, mais moi j'aime pas çaaaa…)
Fais préchauffer ton four à 210°c (410°f) (pour ce faire, ne pas oublier de débarrasser le four-étagère des plats qu’il contient rapport à ce que ma cuisine elle est trop minus). Sors et beurre un plat à gratin.
Fais cuire les pâtes deux ou trois minutes de moins que ce qui est écrit sur la boîte. Quand elles sont al dente, passe les sous l’eau froide pour couper la cuisson illico et mets tes macaronis dans le plat à gratin. Râpe tous les fromages.
Prépare une béchamel classique : beurre fondu dans une casserole + farine + lait et crème petit à petit pour que ça épaississe. Une fois la bonne consistance atteinte (il faut que ce soit un peu liquide), ajoute petit à petit deux tiers des fromages : il faut mélanger sans cesse pour pas que ça accroche et/ou fasse des paquets, un peu comme un risotto. Quand c’est prêt, tu verses la sauce sur les macaronis et tu saupoudres le tout du fromage qui reste. Tu enfournes et tu essaies de pas trop trépigner… I know it’s a torture : le cheddar va embaumer l’appart de l’Upper West Side et tu vas te retrouver avec des convives attablés avant la fin de la cuisson, fourchettes sur le chemin de la guerre… Voilà !
Bonus track : quelques traces de notre passage…
Upper, Lower, Mid-Town: bref, Occupy Wall Street et le reste!
Katz's: où Sally imite les orgasmes devant un Harry ébahi mais surtout où on se goinfre de pastrami! d'ailleurs, viens voir un peu là
Eisenberg...
... à l'ombre du Flatiron
la virée chez Dim Sum Go Go
et... les Vulcanos!



























Une recette que je vais tester et un petit voyage express. J'adore. Merci