Château Biquette
Dear American Girl,
Bon alors évidemment, quand on vit au pays de Thomas Jefferson, la Liberty Bell, Lafayette, la plus vieille constitution du monde et tout le toutim, notre équipée royale sur les rives de la Loire, ça fait forcément froncer des sourcils républicains… ouai mais ma bonne dame, c’est qu’on avait une royale excuse (ok, après j’arrête !) : les fromages de chèèèèvre (avec les vins qui vont bien !)
Parce que si les châteaux sont peuplés de dauphins (et assez souvent de requins !), leurs alentours débordent de caprins ! La vallée de la Loire produit à elle seule 70% des fromages de chèvre de France. Et là où c’est beau – « dis-moi pas que c’est pas vrai ! » - c’est que rois et cabris ont un lien… Si si...
Tout est expliqué là mais j’te fais l’topo : en tentant de conquérir la France (qui n’était pas encore la France, tu m’suis ?) Arabes, Sarrasins, Maures, ces gourmets méditerranéens grands amateurs de fromages de biquette devant l’Eternel (Ulysse en mangeait déjà, César et Cléopâtre itou), sont venus avec leurs animaux, qui, eux, n’ont pas été reconduits à la frontière après la bataille de Poitiers (n’en déplaise au Guéant de l’époque, c’était une immigration du travail tout a fait tolérée par palais et palets)
Au Moyen-âge, les fromages de chèvre servaient même de monnaie d’échange et on offrait le lait de chèvre aux pélerins en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle… (ou alors on le gardait pour Peau d’Ane, c’est au choix…)
Bon, la suite est plus scientifique : pasteurisation, découverte des propriétés du lait de chèvre (plus digeste, moins calorique), 1968, le plateau du Larzac les pulls en laine qui grattent et bim… la France est le premier producteur de fromages de chèvre AU MONDE et les Français en sont les plus grands consommateurs d’Europe – 23 kilos par personne tout d’même… ça fait un max de Chavroux hein !
Nan, j’rigole : point d’industriel dans notre virée dans le Centre de la France mais des Selles-sur-Cher, palets cendrés et affinés délicieux avec des noix et du miel et une salade de roquette, des Valençay (là, on t’explique comment couper équitablement une pyramide : beware, il faut un diplôme d’architecte…) bien tendres et humides que j’adore tartiner sur du pain de seigle, les Sainte-Maure-de-Touraine (wink wink,sainte-MAURE, tu m’suis ?), bûche cendrée traversée d’une tige de seigle, placée là pour équilibrer l’acidité du lait de chèvre, et le Pouligny-Saint-Pierre qui copie un peu le Valencay sans la cendre et en version plus piquante…
Autant te dire qu’on est rentrés bourrés à bloc de calcium… de quoi affronter l’Amériqueuh !
See you soon in Goatham City ma biquette ! (je suis impayable ! Le calcium j’te dis !)




















